Je me rends compte qu'après 22 ans de vie, je ne peux toujours pas me blairer. C'est vrai, je hais ce visage plein d'imperfections et de cicatrices, et ce corps qui est mien, trop rond, trop abîmé trop gourmand de caresses et petites attentions qui nourrissent toujours ce complexe.
Pourtant une fille d'un mètre soixante huit et cinquante huit kilos c'est loin d'être considéré comme gros.
Surtout quand on rentre prétentieusement dans un 38 alors qu'on sait pertinemment que la moyenne nationale est un beau 42.
Mais que voulez vous je fais partie de cette majorité écrasante qu'est 99% des femmes qui ne sont pas satisfaites de leur corps et de leur image.
Je vous jure quand je vois mon reflet dans un miroir j'ai l'impression d'être dans l'émission Belle toute nue sauf que je me verrai plutôt dans Laide toute nue.
Des kilos, de la cellulite, des capitons, tout ce qu'il y a de plus sexy dans ce magnifique monde photoshopé et de bimbos siliconnées (Nabilla si tu passes par là)
Je suis tellement bien gaulée comme nana que je rendrai aveugle, un myope astigmate.
Pendant des années j'ai joué de tous les looks, allant de l'émo au décalé, tout en passant par le coté garçon manqué. D'une chevelure multicolore, je tombe dans le noir, comme mon moral à cette époque désormais révolue pour aujourd'hui afficher une couleur de feu.
Une couleur flamboyante comme mon moral . Ma fièvre de vivre et de vaincre.
Toujours un accessoire noir, je garde des bribes de mon gothisme passé tout en transformant ça en de la classe bien placée. Un coté de gamine prétentieuse arrogante, complexée et n'ayant aucune confiance en elle.
Mais voilà j'en suis au même point, mon image, mon petit complexe sur patte, à savoir si je plais ou non, si je suis dans la catégorie bonasse ou juste jolie. La fille d'une vie ou d'une nuit ?
Apparemment je donne l'image d'une fille inaccessible . Mais aux dernières nouvelles j'ai pas encore d'armée de soldats romains qui m'attendent sous la fenêtre...
Quoique d'un coté ça me ferait chier de voir toute cette vague de testostérone assoiffée de ce corps angélique mais percé, tatoué et massacré à chaque parcelle de peau d'adulescente sainement torturée.
J'aime bien être dans cette solitude accompagnée. Ayant toujours plus ou moins quelqu'un en tête, dans le coeur.
Mais toujours cette boule au ventre, cachée derrière un écran HD d'être un minimum potable la première fois qu'il me verra.
J'aimerai qu'il me voit comme une fille unique, différente et que mon aura lui transperce le corps et le coeur.
Mais en fin de compte je ne suis qu'une fille de plus,complexée, qui ne demande qu'une seule chose,
Etre aimée comme elle est.
C'est juste un des textes les plus beaux que j'ai pu lire ces derniers temps. Toutes ces questions, tous ces doutes sont exprimés de fort belle manière.
RépondreSupprimer"J'aime bien être dans cette solitude accompagnée. Ayant toujours plus ou moins quelqu'un en tête, dans le cœur." J'adore. Je ne me lasse pas de relire ces deux phrases.
"Mais en fin de compte je ne suis qu'une fille de plus, complexée,qui ne demande qu'une seule chose,
RépondreSupprimerÊtre aimée comme elle est."
Alors peut-être peux-tu t'accorder toi-même cela. Aimes-toi telle que tu es.
Les autres, à l'extérieur de toi, qui ne sont que des représentations de ce qui se passe en toi, reflèteront alors cet amour que tu te donnes.
Bien à toi,
Elha.
Je me retrouve dans ce texte, moi aussi je hais ce visage que je côtoie depuis trop d'années déjà...
RépondreSupprimerTu sais, personne n'est parfait, sauf oui, à la télé ou dans les magazines... la beauté superficielle de ce monde n'aura pas fini de créer des complexes si on se laisse trop se prendre au jeu. On a bien souvent de la cellulite, qu'on soit mince ou pas. Mais on aime pas quelqu'un pour le fait qu'il n'en possède pas. C'est tellement futile quand j'y pense, comme bien d'autres choses. Je m'attache au coeur et à la cervelle, c'est compliqué tu sais, ça n'existe plus, un être humain avec un coeur et une cervelle...
La majorité des gens ne savent pas ce qu'est réellement "aimer quelqu'un comme il est", ils ne savent pas grand-chose d'ailleurs. Dans l'ombre sont tapis des gens bien mais qui ont peur justement, de trop s'approcher, c'est ceux-là qu'ils faut aller déterrer... Ne pas s'attarder sur le reste de l'humanité, qui ne fait que se lobotomiser à chaque heure "Moi quand je serai grande, je serai poupée gonflable". Tu es bien comme tu es, avec tes défauts mais surtout, tes qualités.
Apprends à t'aimer et à vivre pour toi, il est rare quand les autres le font vraiment, il est rare quand ils aiment longtemps...
Merci pour ton commentaire.
RépondreSupprimerTu m'écris "entre le savoir et l'appliquer il y a je pense un gouffre."
Je crois, de mon côté qu'entre le savoir et l'appliquer se niche la volonté.
Douces pensées,
Elha.